L’art est un geste de pénétration dans le monde. Ce n’est que dans ce retour magique du rapport qu’il gagne son excellence. C’est aussi un désir de se transformer dans ce monde, faire partie de la matière comme une possible métamorphose. L’art, au-delà de l’apparence, c’est l’œil du tigre : c'est à dire; préparer l’œuvre qui s’excède dans les yeux de l’artiste pour après la remémorer dans les yeux du spectateur. La plupart des gens pensent que certains désirs sont universels : le désir d'être riche, le désir d'être célèbre, beau...or ces désirs peuvent être fragiles. Il se peut que je ne sois plus beau, que je ne sois plus en mesure de créer à un stade de ma vie. Tout objet de désir serait donc relatif ? L'objet de désir ne vient pas d'un manque. Tel homme juge une chose bonne non parce qu'il la désire, mais c'est parce qu'il la désire qu'il la trouve bonne. Pour trouver si une chose est estimable, il convient de se demander QUI la désire ? En fait, tout désire est relatif à celui qui éprouve, et non à la chose éprouvée : Et le désir artistique, le désir de création ? Prenons un exemple simple : la photographie sera bonne pour l'homme désirant comprendre le réel et en saisir la quintessence, sans trop d'intérêt pour l'homme préférant une exaltation de la conscience, ni bonne ni mauvaise pour un aveugle ( cas trivial ). Chacun juge bon ce qu'il désire : le désire est l'expression de la singularité de chaque homme. Ce désir ne dit en en rien sur l'essence des choses, mais révèle assurément l'essence de l'homme; Être artiste ? c'est partager une approche et une réflexion critique de la société en lien avec d'autres disciplines débouchant sur des discours interdisciplinaires impliquant plusieurs sujets. C'est ainsi un un moyen de penser le monde, puis de penser son pays, ses proches et enfin soi. Avant de penser à soi. Résolument engagés, mes travaux sont des explorations de la réalité et des ses terrains avec des approches sociales, économiques, environnementales et philosophiques. Être artiste, c'est produire des œuvres qui résistent. Mais comme le rappelait Gilles Deleuze : il y a les artistes et les philosophes. Ce ne sont pas les mêmes personnes. Être artiste, pour reprendre Bergson, c'est voir ce que d'autres n'arrivent pas à voir. L'artiste a un sens inné de la perception. Et il le fait savoir aux autres personnes. L'œuvre d'art isole un aspect du réel que nous avons déjà perçu; mais obscurément et c'est la raison qui nous pousserait à dire qu'une œuvre d'art serait vraie ( voir le monde en vérité ). L'artiste n'est ni un consolateur, ni un moralisateur, et encore moins un illusionniste; On ne fuit pas devant la vie, on la sublime. Rien n'est plus éloigne de l'art que le nihilisme; Seul l'art rend la vie possible. Il nous stimule et nous pousse à vivre. La photographie.... Les films. Aussi important que l’air que je respire, aussi intense qu’un battement de cœur. Mes images ont un double statut. Hegel disait que chaque homme était le fils de son temps . Il en va des images que je produis. Certaines de mes images sont le reflet de notre époque. Elles se définissent dans un cadre 'ici et maintenant '. D'autres images sont plus intemporelles, du moins en ce qui me concerne : plus dans leur forme que dans le message . Je n'impose pas une vision. Il ne s'agit pas de propagande. Le monde tel que je le représente, n'est qu'une proposition ( perspectives ) et il est le fruit de l'observation du monde réel, je n'invente rien ( observation ). Bref des photos comme des études du monde tel qu'il ( ne ) va ( pas ) qui suscitent différents débats et qui ne peuvent laisser personne indifférent. Question de convictions. Mes œuvres sont pour l'instant dépourvues de personnages et je prends comme un défi le fait d' avoir un discours centré sur l'homme sans représentation stricto – sensu. Mes écrits : Si les matières de l'expression sont différentes, le principe est le même qu'avec les films, la photographie : Il s'agit de modeler, façonner et travailler le réel et d'en proposer une version. Mais ce n'est pas une tâche aisée. L'écrivain, c'est sans doute la personne pour qui écrire est encore plus compliqué que pour les autres; La fonction de l'écrivain, c'est de parler de toute sorte de choses ( monde en objectivité )  tout en étant le faisant de manière subjective ( contradiction avec cette même objectivité. ) Je me vois plus comme un assimilateur, que comme autre chose. Mes influences, je les digère plus que je ne les cite, sinon du bout des lèvres. Le style ? Je me suis jamais posé la question. Je me contente de faire les choses, simplement ; Et donc cela me permet de ne me pas me cantonner à quelque chose de prédéfini; Ce qui est certain, c'est qu'il y a des ponts entre les arts ( questions de références ).Et il n'y a pas d'œuvre d'art parfaite.

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